Middle East Studies

Mohamed Kouaci

Mohamed Kouaci et les temps de l’histoire

À des moments (photographiques) donnés
Mohamed Kouaci prenait toujours son temps et la lenteur avec lui était performée en éloge de la pause fructueuse et providentielle (pour la rencontre avec les gens et les jeunes en particulier), pour l’observation et la mesure des choses. Il prenait son temps pour le redonner. Il confectionnait des arrêts sur image, improvisait de brusques ralentissements, décidait inopinément d’accélérer le pas : regarder, digresser, montrer, expliquer, raconter, écouter… Ou encore répondre, en 1991, avec patience à mes violentes diatribes contre les empêcheurs de bouillonner du présent social, culturel et politique dans lequel ma génération se débattait. Alors que la déflagration algérienne avait cour – nous ne soupçonnions alors aucunement la possibilité à venir du pire du pire – du haut de mes 25 ans, j’approfondissais en point focal le passé colonial (décidant de me reconnaitre dans une gravure de son bel ouvrage Algérie d’hier, Algérie de toujours) tandis que l’avenir se mirait en « parallaxe mortelle » à la manière de la nouvelle éponyme de Chawki Amari. En évoquant le travail de l’image et sur l’image de cette époque, je me demanderai si le passé et le futur ne sont jamais coupés d’un présent de convulsions, congruant malgré ses tournures effarantes.